[ICT Media STRATEGIES] – À l’ouverture de la 2ᵉ édition du Forum économique de PROMOTE, FOREP 2026, le ministre camerounais des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a livré un plaidoyer fort en faveur d’un dialogue plus structuré entre les pouvoirs publics, le secteur privé, les institutions financières, les universités, les centres de recherche et les partenaires au développement.
Organisé dans le cadre de la 10ᵉ édition du salon PROMOTE, le FOREP 2026 se tient autour du thème : « Entreprise privée et environnement des affaires : quel repère face aux incertitudes économiques nationales et internationales ? » Pour le ministre, cette thématique traduit les préoccupations réelles des entrepreneurs camerounais, confrontés à la fois aux tensions géopolitiques, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, aux fluctuations des marchés internationaux, aux transitions numériques, aux exigences de production sobre en carbone et aux effets des changements climatiques.
Mais pour Achille Bassilekin III, ces incertitudes ne doivent pas conduire à l’attentisme.
« L’incertitude ne peut devenir un prétexte ou un facteur d’immobilisme. Elle devient une obligation de renforcer notre capacité d’anticipation, d’innovation et d’adaptation », a-t-il déclaré.
Le ministre a justifié le parrainage de son département ministériel par le poids déterminant des PME, des très petites entreprises, des artisans et des unités de production artisanale dans l’économie camerounaise. Selon les chiffres évoqués, le Cameroun comptait, au 31 décembre 2025, près de 590 000 unités économiques formelles. Ces acteurs représentent plus de 99,8 % de l’écosystème entrepreneurial national, tandis que les grandes entreprises sont moins de 800.
Au-delà de leur poids numérique, les PME jouent un rôle central dans l’emploi et la création de richesse. Achille Bassilekin III a rappelé qu’elles contribuent à 76 % des emplois formels au Cameroun et à 36 % du PIB national, un niveau supérieur à celui observé dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
« Ces acteurs concourent à la cohésion sociale et à la vitalité de nos territoires », a souligné le ministre.
Pourtant, ces entreprises restent confrontées à de nombreuses contraintes : accès difficile au financement, coûts élevés des facteurs de production, difficultés d’accès aux marchés, faibles capacités technologiques, insuffisante structuration managériale et besoin de mécanismes de garantie plus efficaces. À cela s’ajoute le poids du secteur informel, estimé à environ 2,8 millions d’unités de production.
Pour Achille Bassilekin III, l’enjeu n’est plus seulement de considérer l’informel comme un problème, mais de l’intégrer progressivement dans les réponses de politique publique.
« Bâtir une économie compétitive, c’est aussi réussir à offrir de vraies opportunités aux acteurs du secteur informel et les intégrer comme faisant partie de la solution », a-t-il insisté.
Le FOREP 2026 apparaît ainsi comme un espace de réflexion stratégique destiné à produire des propositions concrètes pour renforcer le secteur privé camerounais. Le ministre a notamment appelé à mieux intégrer les PME dans les chaînes d’approvisionnement des grandes entreprises, à imaginer de nouveaux instruments de financement, à consolider les passerelles entre les universités, les centres de recherche et le monde économique, et à accompagner les entreprises vers l’économie de la connaissance.
Il a également mis en avant le potentiel de la jeunesse camerounaise, en citant l’exemple de jeunes formés au Cameroun et travaillant déjà comme chefs de projet pour des programmes en Allemagne dans le secteur du numérique. Pour lui, ces parcours illustrent la capacité du pays à produire des talents capables de s’inscrire dans les nouvelles dynamiques de l’économie mondiale.
Au fond, le message du ministre est clair : face aux incertitudes nationales et internationales, le Cameroun doit miser sur l’innovation, la connaissance, la structuration des PME et le partenariat public-privé.
« Nous devons renforcer la confiance entre les acteurs publics et le secteur privé, faire de l’innovation une priorité et créer les conditions d’une prospérité partagée et durable », a conclu Achille Bassilekin III.
En ouvrant officiellement cette 2ᵉ édition du FOREP, le ministre a formulé le vœu que les travaux débouchent sur des propositions concrètes, capables d’alimenter l’action publique et de dynamiser davantage le secteur privé camerounais.
Par ICT Media STRATEGIES
