[ICT Media STRATEGIES] – Lors de la première Journée Promote de la Finance et du Développement, organisée par Le Financier d’Afrique en marge du Salon Promote au Palais des Congrès de Yaoundé, le Pr Désiré Avom a dressé un diagnostic sans concession du système financier de la CEMAC. Malgré des banques solides et largement bénéficiaires, l’inclusion financière demeure l’une des plus faibles du continent, un paradoxe qui freine le financement de l’économie réelle.

« Les banques se portent plutôt bien dans la zone CEMAC , avec des bénéfices de 220 milliards de FCFA, des fonds propres de 1 282 milliards de FCFA et un excédent de liquidité de près de 2 000 milliards de FCFA », a rappelé l’universitaire, s’appuyant sur les données de la BEAC. Pourtant, a-t-il souligné, « le taux de bancarisation n’est que de 12 %, loin de la moyenne africaine de 34,2 % ».

Pour le Pr Avom, cette contradiction s’explique par plusieurs freins structurels : une articulation insuffisante entre banques et établissements de microfinance, un coût du crédit qui pénalise les PME, un marché financier régional encore embryonnaire et une coordination perfectible entre les différents régulateurs.

« Le coût du crédit constitue l’un des principaux obstacles à l’inclusion financière », a-t-il insisté, relevant que les petites et moyennes entreprises supportent des taux largement supérieurs à ceux consentis aux grandes entreprises, ce qui entretient un cercle vicieux de faible productivité et d’accès limité au financement.

Face à ces défis, le professeur a plaidé pour une coopération renforcée entre les acteurs financiers. Il recommande notamment la mise en place de passerelles institutionnelles entre banques et microfinance, la création d’un fonds régional de garantie pour les PME, une meilleure mobilisation du marché financier régional et une accélération de l’interopérabilité des services numériques.

Enfin, il a rappelé que le développement du mobile money, qui compte déjà près de 35 millions de comptes dans la sous-région, constitue une opportunité majeure, à condition d’être accompagné d’un cadre réglementaire adapté.

En conclusion, le Pr Dieudonné Avom a lancé un appel à l’ensemble des acteurs publics et privés :

« La synergie entre acteurs bancaires et financiers en CEMAC n’est pas un luxe théorique, c’est une nécessité opérationnelle pour atteindre les objectifs de la stratégie régionale d’inclusion financière 2025-2029. »

Une conviction qui résume l’enjeu majeur de la sous-région : transformer la solidité du secteur bancaire en un véritable levier de développement économique et d’inclusion financière.

Par ICT Media STRATEGIES